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INCERTITUDES ET ANXIETES (1924-1939)

Publié par sylvain kerdudou A partir 18 août 2016
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POLITIQUE D’ASSIMILATION DE HERRIOT

Aux élections législatives de mai 1924, le Cartel des Gauches, c’est-à-dire les Socialistes, les Communistes et les Radicaux, l’emporte sur la Droite au niveau national. Mais en Alsace, c’est une nouvelle victoire du Bloc National.

A Paris, le Radical-Socialiste Edouard Herriot devient Président du Conseil et annonce sa volonté d’achever rapidement l’assimilation de l’Alsace. Cela signifie notamment :

– la fin du Concordat napoléonien de 1801 aboli en 1905 par la IIIe République,

— la fin de la loi Falloux de 1850 abolie en 1881.

La réaction ne se fait pas attendre: les 13 députés alsaciens de l’U.P.R. et du P.R.D. protestent.

Déclaration d’Edouard Herriot, Président du Conseil, en date du 17 juin 1924:

« Le gouvernement est persuadé qu’il interprétera fidèlement le voeu des chères populations enfin rendues à la France, en hâtant la venue du jour où seront effacées les dernières diffé­rences de législation entre les départements recouvrés et l’ensem­ble du territoire de la République. Dans cette vue, il réalisera la suppres­sion du Commissariat général et préparera les mesures qui permet­tront en respectant les situations acquises, en ménageant les intérêts matériels et moraux de la population, d’introduire en Alsace et en Lorraine l’ensemble de la législation républi­caine».

DÉFENSE DE L’ÉCOLE CONFESSIONNELLE

Contre ce programme, l’Eglise catholique et des représentants des deux Eglises protestantes organisent une campagne de presse, de grandes manifestations, des pétitions, une grève et un référendum scolaires pour éviter l’introduction des lois laïques.

Finalement, le gouvernement renonce.

LA RÉPONSE D’EDOUARD HERRIOT

concernant le renoncement du gouvernement.

Par l’intermédiaire des trois préfets des départements d’Alsace-Lorraine, le Président Herriot a adressé une lettre circulaire aux maires dans laquelle il est notamment dit que « des gens mal informés ou malintentionnés ont tenté de répandre la rumeur selon laquelle le gouvernement aurait l’intention de réduire la liberté de culte et la liberté de conscience en Alsace et en Lorraine. Une telle affirmation est démentie par toutes les déclarations gouvernementales et par le fait que l’autorité républicaine est et reste la protectrice légale des droits de conscience individuelle. Le gouvernement actuel ne touchera pas à ce droit. »

PRÉSENCE DE L’HISTOIRE

De nos jours, l’Alsace (comme d’ailleurs le département de la Moselle) a un statut scolaire particulier qui s’est constitué à partir :

— du Concordat de 1801,

— des lois françaises antérieures à 1870 et notamment la loi dite « Loi Falloux » (1850) abolie en France alors que l’Alsace était allemande,

— des lois allemandes introduites pendant la période du Reichsland et qui ont été confirmées, adaptées ou complétées après le retour à la France.

C’est ainsi que :

— une heure de religion est prévue dans l’emploi du temps des écoles,

— les ministres des cultes reconnus et payés par l’Etat peuvent assurer cet enseignement religieux,

— des membres d’une congrégation religieuse autorisée peuvent enseigner dans une école publique.

LA FLAMBEE AUTONOMISTE

dors que la vague de protestations semble s’apaiser, un nouveau journal « Die Zukunft » paraît en mai 1925. Cet hebdomadaire qui connaît immédiatement un grand succès, est à l’origine d’une flambée de l’autonomisme issu des maladresses des premières années d’après-guerre et des projets de Herriot. Un an plus tard, les fondateurs de la « Zukunft » créent le « Heimatbund » (Ligue de la Patrie) qui publie un manifeste demandant l’autonomie dans le cadre de la France et le bilinguisme franco-allemand. Menacés de perdre des sympathisants, les partis politiques traditionnels adoptent alors des idées plus ou moins autonomisantes et plusieurs petites organisations autonomistes apparaissent.

Finalement, l’autonomisme alsacien correspond à trois tendances :

— les séparatistes, peu nombreux, se recrutent surtout dans quelques cantons ruraux protestants. Ils sont encouragés par les intrigues allemandes qui demeurent actives jusqu’en 1939,

— les autonomistes proprement dits, comprenant des laïcs comme Dahlet, député de Saverne, et une partie des catholiques de l’U.P.R.. Ils veulent l’égalité des deux langues ainsi que le maintien du statut religieux et scolaire,

— les régionalistes, les plus nombreux, sont partisans d’une décentralisation et du maintien des traditions alsaciennes, différentes de la culture laïque française.

LA RIPOSTE DU GOUVERNEMENT

Le gouvernement répond à cette montée de journaux, des révocations de fonctionnaires…

Dans la nuit de Noël 1927, la police procède à des perquisitions puis à des arrestations le 31 décembre. Certains autonomistes peuvent échapper à cette rafle, mais quinze déntre eux sont emprisonnés, accusés de complot contre la sûreté de l’Etat, de menées séditieuses, d’incitation des populations à la révolte armée… puis jugés par une Cour d’Assises à Colmar en mai 1928.

Le procès soulève les passions mais n’aboutit qu’à des sanctions légères. La conséquence c’est la division des partis politiques, le recul de la gauche et le succès des autonomistes aux élections législatives d’avril 1928 (la veille de lduverture du Procès de Colmar) grâce à leur alliance (Volksfront) avec les communistes.

PROSPÉRITÉ ÉCONOMIQUE

De 1922 à 1930, l’Alsace connaît une réelle prospérité

économique :

– essor du Port de Strasbourg

– construction de la centrale électrique de Kembs

– développement de la production de pétrole, de potasse, de betteraves sucrières, de houblon, de textile.

A Strasbourg, au Wacken, se tient pour la première fois une Foire Exposition Nationale et à Colmar s’ouvre la première Foire aux Vins.

Cette prospérité permet un enrichissement de presque toutes les catégories sociales, comme l’atteste l’essor des caisses du crédit mutuel et des caisses d’épargne.

CRISE ÉCONOMIQUE ET MENACE DE GUERRE

A partir de 1931, la crise économique mondiale frappe durement l’Alsace et plus particulièrement les industries textiles : c’est la fermeture, le regroupement d’entreprises, le chômage…

L’agriculture connaît elle aussi des difficultés (sauf la production de betteraves à sucre et de tabac). Dans les exploitations morcelées et peu étendues, l’introduction des machines (le tracteur en particulier) a pris du retard.

De plus, devant les menaces de guerre avec l’Allemagne où les Nationaux-Socialistes de Hitler ont pris le pouvoir, l’Alsace devient un glacis : des entreprises sont transférées en des lieux plus sûrs, les investissements, les capitaux fuient.

Le 24 septembre 1938, le gouvernement ordonne sur tout le territoire la mobilisation partielle des réservistes. Les Alsaciens sont plus spécialement chargés d’occuper les forteresses de la ligne Maginot en cours de construction depuis 1927. Cette mobilisation est liée à une grave tension internationale qui s’achève par les accords de Munich.

LE FRONT POPULAIRE

Au niveau national, lors des élections de 1936, les partis de gauche alliés triomphent: c’est la victoire du Front populaire constitué pour faire échec aux ligues et au fascisme triomphant à Rome et à Berlin.

En Alsace, c’est l’échec car l’alliance n’a pas pu se faire. Les Socialistes continuent d’être pour une assimilation rapide et reprochent aux Communistes leur engagement auprès des autonomistes et de l’U.P.R. lors d’élections précédentes.

Avec du retard sur le reste de la France, les grèves ne commencent qu’à la mi-juin et ne deviennent jamais des grèves générales. Malgré les importantes augmentations de salaires, l’opposition au Front populaire s’amplifie lorsque le gouvernement de Léon Blum envisage de prolonger la scolarité obligatoire en Alsace-Lorraine, pour compenser les heures consacrées à l’enseignement de l’allemand et de la religion. Le gouvernement est obligé de reculer.

Le climat politique, déjà difficile, est aggravé par le développement de groupements autonomistes à tendance fédéraliste voire séparatiste (Landespartei, Bauernbund).

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