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LA REORGANISATION NAPOLEONIENNE

Publié par sylvain kerdudou A partir 29 août 2016
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Au cours des quinze premières années du XIXe siècle, l’Alsace connaît une série de transformations à la fois importantes et durables, à l’image de l’ensemble de la France. En dépit des hostilités, s’opère en effet la réorganisation la plus ample et la plus profonde des institutions, avec notamment la promulgation des lois accentuant la centralisation administrative, l’instauration du Code Civil ou l’introduction d’une monnaie stable fondée sur la référence à l’or).

Dès l’an VIII s’amorce l’œuvre de réorganisation adminis­trative et politique. La loi du 28 pluviôse (17 février 1800) prévoit l’institution du préfet à la tête de chaque département. « Seul chargé de l’administration « , selon les termes de la loi, et repré­sentant direct du pouvoir central, le préfet est un personnage doté d’attributions essentielles. L’Alsace a la chance de compter dans ses deux départements des préfets de grande valeur. Dans le Haut-Rhin se succèdent à la préfecture de Colmar des hommes fort intelligents et habiles tels que le Meusien Harmand, le grammai­rien Noël (1801-1802) et surtout Félix Desportes, un Normand d’origine qui reste en poste de 1802 à 1813. Le Bas-Rhin béné­ficie de préfets non moins talentueux en la personne de Laumond, Shée puis, de 1810 à 1814, Lezay-Marnésia.

Transfuge de la préfecture de Rhin-et-Moselle, Paul-Adrien Lezay-Marnésia (1769-1814) est incontestablement le plus po­pulaire des préfets alsaciens. Grand lettré et d’un tempérament profondément humain, il sait se faire aimer du peuple et tout particulièrement de l’Etat.

Les administrateurs d’arrondissements sont des hommes pareillement compétents, animés d’un sens réel de la chose publique. De création récente, les arrondissements sont des cir­conscriptions ayant pour but d’équilibrer l’assise départementale. Dans le Bas-Rhin, ces arrondissements sont centrés autour de Strasbourg, Saverne, Wissembourg et Barr-Sélestat, tandis que dans le Haut-Rhin ils s’organisent autour de Colmar, Belfort, Altkirch, Délémont et Porrentruy. D’une manière générale, le personnel administratif est recruté sur place (à l’exception des préfets qui sont systématiquement nommés hors de leur dépar­tement d’origine). L’administration ne compte pas moins des commis de haute tenue comme Holtz à Délémont ou Cunier à Selestat.

D’autres organismes complètent cette machine administrative remarquablement modernisée par rapport à celle de l’Ancien Régime.  Les  Conseils  généraux  et municipaux  notamment, réservés aux élites locales, foncière ou bourgeoise dont les critères ns sont avant tout l’efficacité et la modération.

De l’efficacité et de la modération, il en faut assurément peur résoudre la crise religieuse. De ce point de vue en effet, dix années de révolution ont laissé sur le christianisme des traces difficiles à effacer. Ayant eu le plus à souffrir des spoliations et de h désorganisation, l’Eglise catholique manifeste à présent une sorte de méfiance agressive, rendant extrêmement délicate toute forme avec de rapport avec le pouvoir civil. Même l’arrivée de Bona­parte au pouvoir, le 18 Brumaire, ne semble pas contenter les membres du clergé, qui entretiennent derechef une certaine a-::r vers 1800-1801 (au point que les autorités locales se trouvent dans l’obligation de  » déplacer  » sept prêtres).

En avril 1802 entrent en application les dispositions du concordat conclu entre Bonaparte et le pape Pie VII (le 16 juillet L’année précédente). Complété par des Articles Organiques, ce cocordat  rétablit partout le libre exercice de la religion catholique, cependant il est loin de satisfaire toutes les convictions dans la mesure où il place l’église sous la tutelle de l’Etat ; ce dernier

nomme  en fait l’évêque (le pape se contentant de donner l’investiture canonique) et alloue un traitement aux membres du clergé.

l’évêché du Haut-Rhin est supprimé et le diocèse de Strasbourg englobe dés lors de son autorité l’ensemble de l’Alsace.

A la tête de ce diocèse (comportant une forte proportion de | se trouve l’ancien évêque constitutionnel Saurine. installation à Strasbourg, ce Landais d’origine est vivement contesté, non seulement par les partisans du cardinal de meurt en 1803) mais aussi par tous ceux qui n’apprécient ni sa tiédeur à l’égard du Saint-Siège ni son attachement me. De nombreux prêtres de Haute-Alsace, dirigés et Weisrock, s’efforcent de développer la querelle, tient bon (il dirige son diocèse jusqu’à sa mort en

1813) à force d’habileté et de persévérance. Il montre en outre grands talents d’organisateur en s’occupant de l’enseignent* religieux et en établissant un séminaire à partir de 1807 (séminaire  pour lequel il fait appel à quelques Alsaciens demeurés à Mayer comme l’abbé Simon Ferdinand Mùhe). Vers cette époque, ferme soutien du régime napoléonien, l’Eglise catholique a retrouvé son influence, permettant ainsi le triomphe de la politique concordataire

Le protestantisme est lui aussi intéressé par le Concorda: de 1802. L’Eglise luthérienne devient une véritable église d’Etat. coiffée par le Consistoire Général de Strasbourg. Pour sa part l’ Eglise réformée (calviniste) bénéfice de consistoires indépendants en des endroits comme Strasbourg, Mulhouse ou Bischwiller Satisfaits de l’égalité de droit reconnue avec les catholiques (1 pasteurs reçoivent ainsi le même traitement que les curés), les protestants manifestent leur vitalité en fondant Y Académie, noyau de la Faculté de théologie protestante (inaugurée en 1808).

Bien que théoriquement intégrés dans la politique napoléo­nienne de tolérance, les Juifs ne bénéficient pas d’autant d’aménité de la part du pouvoir. Organisé en 1808 et proclamé culte d’Etat, le judaïsme ne parvient pas à obtenir l’égalité avec les autres confessions. Ce qui signifie en particulier qu’il est privé des rémunérations accordées par l’Etat aux officiers du culte. Faisant preuve en l’occurrence d’une démagogie pour le moins douteuse, les autorités misent avant tout  » sur la nécessité de calmer l’opinion publique exaspérée par les problèmes financiers, comme le rapporte Roland Marx.

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